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Axe 1 - Imaginaire et représentations du pouvoir

L’imaginaire du pouvoir, sa représentation ou sa mise en scène, pour ne pas dire sa "théâtralisation", constitue un thème d'études et de recherches majeur qui rejoint la grande question de l’identitaire. Cet imaginaire a des initiateurs, dont l’identification varie selon les temps et les lieux – l’élite, les clercs, maîtres de la culture et du sacré – et des vecteurs : le droit et les traditions, la littérature officielle ou populaire, la mémoire.

Les domaines concernés par ce premier axe de recherches sont donc innombrables, mais ils se recoupent. C’est, tout d’abord, la mémoire des origines du pouvoir, qui le justifie souvent de manière mythique, relayée par l’historiographie, la généalogie, l’anthroponymie, les lieux de mémoire ; c’est, ensuite, l’arsenal des emblèmes et insignes du pouvoir, depuis les regalia et la vêture jusqu’aux seings, sceaux et autres usages protocolaires de chancellerie, devises, décorations, monnaies, drapeaux et autres signes héraldiques et sigillographiques, sans omettre le langage juridique, véhiculé par les actes officiels ou de la pratique ; ce sont, enfin, les rites et actes de représentation et de légitimation du pouvoir, avec tout l'apparat conséquent : avènement, sacre, passation de fonctions, mariages, funérailles, jubilés, anniversaires et commémorations, hommages, assemblées de cours et réceptions, synodes, ouvertures de sessions parlementaires, lits de justice, tous offices et cérémonies religieuses créant une véritable liturgie du pouvoir et de ses rituels. Aux frontières du sacré et du culturel, le droit sous toutes ses formes : le politique et le judiciaire, le diplomatique et le militaire sont ainsi de hauts lieux de la mise en scène du pouvoir.

C’est précisément cette mise en scène que ce premier axe de recherches se propose d’interroger à l’occasion d’une série de colloques dont l’objectif commun est notamment de mettre au jour les stratégies de légitimation initiées par les acteurs eux-mêmes ou ceux qui, de l’extérieur, se donnent pour mission de justifier leur action, sans négliger les démarches comparatives ni restreindre le champ chronologique des recherches.

Ces recherches s’inscrivent dans la dynamique impulsée par l’organisation, les 12 et 13 décembre 2013, d’un premier colloque international ayant réuni plus de vingt-cinq intervenants, pour la plupart étrangers, autour de la thématique : "Mémoire(s) des origines et stratégies de légitimation du pouvoir". Les actes en seront publiés cette année.

Un deuxième colloque, souhaité en 2016, aura pour thème : "La justice telle qu’elle se donne à voir". Plutôt que d’une étude des institutions judiciaires, il s’agira de saisir et exposer, dans la forme comme dans le fond, la manière dont les magistrats, à l’occasion par exemple des rentrées solennelles des juridictions ou dans les actes de la pratique judiciaire, se représentent leur office dans une perspective de légitimation, en partant notamment des travaux relatifs à l’idéologie de la robe (J. Krynen, F. Di Donato, E. Lemaire).

Enfin, si l’histoire des idées politiques peut trouver sa place dans chacun des deux autres axes proposés, c’est ici qu’elle sera à titre principal l’objet de recherches individuelles et/ou collectives, dans le cadre notamment des relations nouées depuis longtemps entre le CLHDPP et le RELHIPP (établissement support : Aix-Marseille Université).




Université de Lyon