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Recherche

Axe 2 - Centre(s) et périphérie(s)

Mobilisant notamment les compétences de certains membres du CLHDPP (Ph. Delaigue, Ch. Gazeau dont les thèses et les articles portent sur l’étude des administrations locales), cet axe combinera l’analyse tant juridique que politique des rapports entre les administrations locales et le pouvoir central, spécialement depuis la Révolution française.

Le territoire administratif est tout à la fois le vecteur de l’efficacité des décisions adoptées, un révélateur des relations entre citoyens et pouvoir central et au-delà, celui d’une lecture particulière de la liberté. Pour ces raisons évidentes, il n’est guère de moments constituants ou majoritaires qui ne s’inscrivent dans un programme de réforme territoriale.

De fait, à l’heure où est proposé un nouveau projet de loi sur cet objet, qui tend non seulement :
  1. à souligner la légitimité des structures existantes, mais aussi
  2. à s’inscrire dans une perspective de modernisation de leurs rapports mutuels et
  3. à mieux articuler décentralisation et déconcentration, l’approche historique offre un éclairage pertinent.

Pour Fr. Burdeau, l'histoire de l'administration est d'abord celle d'un groupe humain : les autorités et les agents publics établis pour donner corps à cette fonction. C'est aussi une histoire d'institutions : celle des structures géographiques et organisationnelles, des appareils bureaucratiques, de l'aménagement des services. En ce sens, par « centre », il faut entendre le siège du souverain ou des institutions représentatives, bien sûr. Mais il faut également comprendre certains territoires - périphériques selon cette approche centralisatrice- et pourtant appelés à devenir « centres » dans le cadre d’une logique plus localiste. Ainsi en est-il des chefs-lieux et des collectivités locales. Enfin que c’est aussi une histoire des idées: comment penser le territoire et l’autorité de ces administrations ?

L’axe de recherches dont il est ici question se propose donc d’étudier, sur le plan institutionnel et sur le plan des idées :
  • les rapports entre administrations locales et pouvoir central ;
  • les rapports entre administrations locales entre elles ;
  • les luttes et négociations autour de la détermination des « centres locaux » ;
  • le rapport entre administrations et institutions locales (enseignement, justice, religieuses etc.)
  • le développement des libertés locales.

Le but est ainsi de déterminer les enjeux et l’évolution de ces différentes dynamiques et, par là-même, de cibler les éléments constitutifs de cette légitimité supposée ou, en tout état de cause, ressentie des échelons territoriaux. La délimitation spatio-temporelle de l’étude n’est pas fermée. Au niveau temporel, il s’agit là de problématiques qui se posent à des degrés différents selon la conjoncture, certes, mais de manière récurrente. Au niveau spatial, pour base initiale, il apparaît que Lyon et le Lyonnais présentent un modèle singulier et offrent ainsi un cadre propice à la recherche dans ce domaine. En effet « l'histoire de Lyon et celle du lyonnais sont sans doute plus liées que celles de toute autre province… » (J.-P. Gutton). Dès le XVIème siècle, Lyon est devenue une des capitales économiques de l'Occident : la politique royale tournée vers l'Italie, l'importance des foires et des maisons de banque, l'essor textile, sans oublier l'imprimerie et la vie intellectuelle, concourent à lier l'histoire de Lyon à celle de la France. La puissance et le rayonnement de la métropole religieuse et manufacturière et de son pays sont incontestables. En revanche, sur le plan administratif Lyon apparaît bien faible : les Etats du Lyonnais disparaissent au XVIème siècle, Lyon n'a jamais eu de parlement, ce qui constitue un cas unique pour une ville de cette importance. La royauté exerce ainsi un contrôle serré sur le centre et ses périphéries. Un passé qui, indéniablement, allait profondément marquer la municipalité lyonnaise et ses rapports avec le pouvoir central. La Révolution, la période napoléonienne et le XIXème siècle ajouteront à cette réalité. Pour seul exemple : la création d’arrondissements municipaux en 1852 destinés à contenter la municipalité lyonnaise en feignant de renforcer sa puissance par l’incorporation des petites communes alentours, mais surtout destinés à répondre au désir étatique d'injecter un foyer d'opposition dans le pôle urbain de Lyon…

Pour autant, malgré l’intérêt évident que présente l’exemple lyonnais, il n’est pas exhaustif. L’axe de recherche postule au contraire l’ouverture et l’étude comparative dans la mesure où il incorpore le domaine des idées, mais aussi parce que les territoires demeurent multiples (en raison de leur histoire, leur culture, etc.), et cela malgré le principe d’unité progressivement affirmé. Cette ouverture sera ainsi le gage d’une réflexion plus aboutie et plus riche.

Université de Lyon