Articles dans des revues

  • [tel-03644615] L’assistance par le travail à l'aune du traitement de l'indigence au XVIIIe siècle. Idées et institutions – l'exemple lyonnais
    20 avril 2022
    Le XVIIIe siècle voit la consécration du travail en tant que mesure de secours. Cette activité apparaît aux yeux de l’opinion éclairée comme un remède aux dysfonctionnements de la société d’Ancien régime et à la présence visible de la misère. Lyon s’impose, pour des raisons économiques, démographiques et historiques, comme un laboratoire exemplaire. Plus largement, l’émergence des idées nouvelles et la perpétuation d’une conception plus traditionnelle de l’assistance multiplient les visions du travail au cours de ce siècle. Tantôt expiatoire, tantôt consubstantiel à l’homme ou encore devoir du citoyen découlant du pacte social, ce foisonnement d’idées nourrit une littérature abondante en matière du traitement de l’indigence par le travail, ainsi qu’une multiplicité de projets et de réalisations législatives et institutionnelles. Notre recherche est divisée en deux points : l’étude du travail en prévention de l’indigence, et le travail curatif de l’indigence qui concerne les mendiants valides, ou encore ceux dont le dénuement est tel qu’ils sont contraints de demander un placement dans une structure mi-assistancielle, mi-répressive. L’assistance par le travail présente deux phases chronologiques. La déclaration royale de 1724 marque les prémices d’une immixtion de plus en plus croissante de l’État pour mettre un terme à la misère. Elle propose aux indigents de s’engager dans les hôpitaux en contrepartie de la fourniture d’un travail. Aux hôpitaux généraux se surajoutent, dans les années 1760, les dépôts de mendicité, lieux d’enfermement sous l’autorité directe de l’État monarchique. De plus, au début des années 1770 émerge véritablement le traitement par le travail en prévention de l’indigence par les ateliers de charité, mode de secours visant à offrir librement du travail. Par ailleurs, suite au transfert de souveraineté opéré en 1789, les députés disposent d’une latitude sans précédent en matière d’assistance. Ils s’en saisissent pleinement, avec l’ambition d’éradiquer la misère, perçue comme une tare liée à la société d’Ancien régime. Au cœur de ce discours, on place l’idée de régénérer l’indigent pour mieux l’intégrer, et on exalte, du même coup, celle de perfectibilité de l’homme, et son intégration au corps politique et social tout entier. Une législation générale en la matière intervient tardivement. Les décrets du 19 mars 1793 et du 24 vendémiaire an II consacrent tour à tour des dispositions préventives et curatives de l’indigence. Surtout, la Déclaration des droits de l’an I consacre le droit à l’assistance, faisant une place belle au secours par le travail. Le basculement dans la phase révolutionnaire n’a pas détruit la réputation de Lyon en tant que « ville des aumônes », laquelle se traduit par la création de la société philanthropique de Lyon. Il faut envisager la déclinaison d’une volonté politique nationale ambitieuse dans ce cadre particulier. Toutefois, bien que sur le plan des idées, le travail a constitué le point focal des différentes évolutions dans le traitement de l’indigence, les réalisations restent pauvres. En prévention de l’indigence, les secours ont peu convenu sous l’Ancien Régime face à l’ampleur des crises économiques, des réticences liées aux libertés locales et à l’aptitude des travailleurs. Malgré l’immixtion croissante de l’État en matière de police du vagabondage et de la mendicité, le travail demeure essentiellement une mesure de police. Sous la Révolution, l’assistance par le travail reste une simple mesure supplétive, la liberté du travail doit permettre l’endiguement de l’indigence. Concernant les lieux d’enfermement, malgré des conditions de vie difficile, les enjeux humanitaires ont fini par prévaloir.
  • [hal-03345552] Neither the elite, nor the mass. The rise of intermediate human capital during the French industrialization process
    26 novembre 2022
    This paper investigates the development of intermediate human capital in nineteenth century France. We perform panel and cross-section regression analyses to compare the effect of technological change on basic vs. intermediate human capital accumulation. Our contribution reveals that a shift in the kind of skills required occurred in the second half of the nineteenth century. We show that steam technology adoption was conducive to the accumulation of intermediate human capital in the second half of the nineteenth century.
  • [halshs-02611096] Economic analysis of education in post-war America : new insights from Theodore Schultz and John Kenneth Galbraith
    31 août 2022
    Human capital theory has suffered much criticism. The filter theory of education (Arrow 1973), the theory of education as a “signal” (Spence 1973), and the theory of “screening” (Stiglitz 1975), for instance, have seriously challenged it from within mainstream economics, and heavy criticism has also come from other paradigms, with Franck Bailly (2016) recently documenting the critique from the radical school. Within this set of ideas that flourished in the post-WW II period and challenged human capital theory, John Kenneth Galbraith’s analysis of the dynamics of the education process is often neglected. In his original institutionalist and firm-based approach to the evolution of education, Galbraith placed great emphasis on the issue of the requirements of the planning system when he tackled the issue of human capital investment. More surprisingly—since he is unanimously recognized as the “founding father” of the “human capital revolution”—Theodore Schultz himself developed a substantial critique of human capital theory that shares some ground with Galbraith’s. The aim of this contribution is to provide new insights into the history of post-WW II ideas in the field of economics of education by reviewing Schultz’s and Galbraith’s respective analyses of education and highlighting their proximities. Both authors raise doubts regarding the idea that the aggregation of individual choices must be regarded as the relevant generative mechanism of the dynamic of education and the basis of the allocation of education resources. Consequently, both question the equivocal concept of student sovereignty.
  • [hal-02920362] Introduction. Le capital humain : perspectives historiques et cliométriques
    5 août 2022
    Depuis la « Révolution du capital humain », initiée à la fin des années 1950, l’analyse économique reconnaît le capital humain comme un facteur important de développement et de croissance économique. La contribution du capital humain au processus de croissance demeure toutefois, paradoxalement peut être, sujette à de nombreuses incertitudes. Sa compréhension précise se heurte, presque systématiquement, à la difficulté d’évaluer de manière pertinente les dotations en capital humain. Cette difficulté constitue d’ailleurs la pierre d’achoppement du programme du capital humain depuis son origine. De nos jours, cette difficulté donne lieu à une critique sévère de son programme de recherche, si ce n’est à sa remise en question.

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